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Bam gua nat
alias : Night and Day
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Critiques des usagers
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Critique(s) 1 à 1 sur 1 trouvée(s)
LucyInTheSky : 7.5/10 pour la version originale vue en coréen
(2008-07-27 : il y a 43 jours)_______________
Hong Sansoo est de son propre aveu un grand admirateur du cinéma français, quoi de plus logique donc pour lui de situer l’action du nouveau représentant de son oeuvre atypique à Paris ? On ne se formalisera pas de l’étrange représentation de la capitale, qui semble n’être peuplée que d’étudiants coréens, même au milieu de l’été. Elle ajoute même un charme, celui d’une bulle hors du temps comme de l’espace, au film.
Ne s’en tenant pas à un changement de cadre géographique, c’est tout un pan du cinéma français – la Nouvelle Vague, en l’occurrence – que le cinéaste coréen réveille en orchestrant un ballet de personnages touchants et libres, spontanés, paumés, incertains, fragiles. Dans le marivaudage incessant de Sung-nam, jeune peintre exilé à Paris pour échapper à la police (il a fumé un joint !), et de plusieurs femmes qui l’attirent et le repoussent successivement, Night and day convoque notamment l’ombre bienveillante d’un Rohmer. Les dialogues sont à cet égard remarquables, drôles et profonds et alertes, qu’ils évoquent l’amour ou l’art.
Évidemment, il ne se passe pas grand-chose, et le film consiste en une suite de saynètes en apparence banales qui illustrent la monotonie et l’incertitude de la vie parisienne du protagoniste balloté entre des femmes plus vives et plus retorses que lui. Mais le portrait sensible de ces personnages est très fort, à la fois émouvant et amusant. La mise en scène sobre s’anime parfois de mouvements surprenants, comme si la vie soudain émergeait de la longueur du temps.
Malicieux et tendre, mais aussi parfois amer voire cruel, le film navigue à vue dans les eaux si minces qui séparent la comédie du drame. Car si Night and day est souvent très drôle, grâce à l’excellent Kim Young-Ho qui joue si bien le perplexe et l’ahuri et l’amoureux hésitant, il ménage aussi des instants de cruauté bouleversants : Sung-Nam est contraint au final de quitter Paris pour retrouver sa femme sur un motif mensonger, laissant dans la ville qu’il a habité le temps d’un été celle qui avait enfin décidé de l’aimer de toutes ses forces.
Night and day n’aurait donc été que le récit d’une parenthèse enchantée dans la vie de son protagoniste, une bulle de légèreté (amours et promenades estivales) et de gravité (l’ombre de la mort, l’incertitude à la fois enthousiasmante et effrayante de l’existence) dans une vie bien rangée avant et certainement bien rangée après. Une intrigante scène onirique, vers la fin, laisse cependant penser que Sung-Nam a peut-être laissé entrer en lui, à la faveur de son séjour au pays de la Nouvelle Vague, un peu de l’étrangeté, mais aussi de la cruauté, qui rendent la vie si passionnante. |
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